Les actions de l’atelier écriture

Lycée Jean-Marc Boivin

4 bis route de Dijon
21800 Chevigny-Saint-Sauveur

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Atelier 2006

Silent life
A LA MANIERE DE FRANCIS PONGE

« La moindre nature morte est un paysage métaphysique » F. Ponge

La langue française emploie l’expression « nature morte » pour désigner un tableau représentant des choses. La langue anglaise par l’expression « still life » confère aux choses une « vie silencieuse » qui donne une épaisseur à ces objets utilitaires de la vie quotidienne.

C’est dans cette perspective que le poète Francis Ponge écrit des poèmes en prose dont les titres aussi variés que « le cageot », « La barque », « Le crottin », « L’huître », mettent à l’honneur les objets qui nous entourent et dont il traduit, au-delà de leur utilité, une vie plus secrète. Il saisit leur réalité matérielle grâce au langage qu’il travaille et creuse par le jeu des polysémies et des images.

Le poète fait ainsi entrer ces choses humbles dans la poésie au même titre que les idées de la poésie engagée ou les sentiments de la poésie lyrique.

Son « parti pris des choses » exprime sans doute aussi sa déception face aux actions des hommes et du monde comme il va.

En effet, très impliqué dans la vie militante à l’époque du Front populaire qui a fait rêver toute une génération, puis dans la Résistance qui a permis l’espoir sous la botte allemande mais face au dévoilement des horreurs de la seconde guerre mondiale, et la déception dû aux directions prises par le parti communiste dont il démissionne en 1947, Ponge, a préféré, se retirer du débat politique et donner la parole aux choses qui ne disent pas plus que ce qu’elles sont et sont soumises, comme nous, à la mort : ces objets, nos frères…

Atelier 2007

Manières de se dire

Cette année, nous avons opéré un nouveau détour cette fois par la sagesse orientale et la calligraphie.

Nous avons allègrement « japonisé » et calligraphié en nous inspirant des Haïku et des auteurs eux-mêmes imprégnés de la culture orientale comme Claudel et Segalen.

Nous avons aussi volontiers composé des calligrammes à la manière d’Apollinaire, de Rabelais et d’Apollinus de Rhode en retrouvant le grincement ancestral de la plume blanzy, l’encre noire ou violette qui tache les doigts et le doux contact sous la main du buvard rose.

Nous avons donc cherché la concision de la pensée et l’élaboration d’une parole fragmentaire apte à exprimer les instants denses de nos souvenirs, sensations ou sentiments. Les phrases pour un éventail permettent par exemple de se dire en peu de mots dont on a pesé tous les sens en laissant suspendue la signification finale qui se détache dans le silence de soi.

Cet apprentissage de la concision a permis la concentration de soi sur soi dans le silence seul propice à l’écriture, quant à l’apprentissage des belles lettres et l’ornementation des mots à l’exemple des enluminures nous avons retrouvé le goût de l’écriture signifiante. Mais surtout nous avons exprimé encore une fois notre voix lointaine intérieure et nos représentations liées à nos problèmes de l’identité.

Belle expérience et belle espérance !

Atelier 2008-2009

Genèse,je nais

Il est difficile de persuader à nos élèves qu’ils peuvent produire un texte pour leur simple plaisir.

D’emblée, ils se méfient de cet exercice inhabituel parce qu’il n’est pas noté. Et d’ailleurs l’écriture n’est- elle pas réservée aux auteurs dont on commente les textes ? Ils ne pensent pas qu’ils peuvent à leur tour créer.

Mais devant l’insistance du professeur et guidés pas à pas par *l’animateur, ils entrent dans le jeu et écrivent, franchissant finalement l’obstacle de la feuille blanche avec une aisance que Mallarmé leur aurait peut-être envié.

Certains s’ingénient à versifier, d’autres à employer des figures vues en classe, d’autres s’épanchent avec passion, d’autres règlent leurs comptes avec leur famille, les adultes, la société, d’autres encore se laissent aller à un langage familier, pour une fois qu’il est autorisé ! Ils expérimentent ainsi sans le savoir toutes les fonctions de la littérature. Puis, on leur demande de lire leurs textes. Ils sont très réticents devant cette étape puis ils comprennent qu’ils sont tous logés à la même enseigne et, de façon naturelle, les voilà qui lisent et s’enflamment même.

Une mise en voix de ces textes a été organisée par une *comédienne de la troupe des « Rochers de Doms », Laurence Boyenval.

Pour ma part, je considère l’atelier d’écriture comme essentiel dans un cursus scolaire. Je suis d’ailleurs persuadée que si mes élèves oublieront vite ce qui a pu être dit en classe sitôt le bac passé, ils garderont de cette expérience un souvenir vivant et qu’ils essaieront de la poursuivre.

Atelier 2010-12

Odyssée, ô lycée

Le mot « Ulysse avait en grec différentes variantes : Odusseus, Olysseus ou encore Oulysses.

D’autre part, les Grecs avait un goût très prononcé pour les jeux de mots et l’étymologie forgée sur le principe du calembour. Odusseus peut ainsi être rapproché du verbe odussesthai qui signifie « éprouver de la rancune ». Ulysse serait donc celui qui est irrité, en colère contre les dieux. Enfin, on est passé du nom du héros à son épopée , le récit de son voyage tourmenté.

Ainsi, Le jeu de mots de ce prochain recueil s’inscrit dans cette tradition.

Alors, comment un élève vit-il son voyage en mer lycéenne ?

Adolescent, plein de rêves, comment exprimera-t-il ce passage ?

Aura-t-il recours à la ruse ou à la sagesse ?

Comment parler en effet, de cette expérience ordinaire, pourtant si marquante ?

Montrer comment l’épopée peut devenir lyrisme, voilà la gageure de notre prochain recueil...

Décidément, l’atelier d’écriture est un beau risque et une belle espérance…

Françoise Morard