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Conférence TL 2015

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Première conférence donnée par la Terminale L de l'atelier de philosophie le jeudi 28 mai 2015

 

« L'interprétation des rêves est-elle la voie royale vers la connaissance de soi ? »

 

Membres de l'atelier 2014-2015 : Melle Galant Sarah, Melle Léger Élodie, Melle Mourey Mathilde, Mr Vazia Victor, Melle Carlet-Loitron Marie, Melle Pageard Marie.

Professeur référent : Mr El Gatea.

 

Compte-rendu de la conférence

 

Par une introduction menée de concert, le problème est exposé : « est-ce par un éclaircissement du sens caché de nos rêves que nous parviendrons à nous connaître tels que nous sommes réellement ? ». Les élèves partent alors d'un rêve mettant en scène la crémation d'un homme qui sort des flammes en exhibant une boîte à musique, et ceci afin d'insister sur l'absurdité des rêves. Cette absurdité n'est en fait qu'apparente, et les rêves doivent contenir un sens caché comme par exemple celui d'exprimer l'angoisse de mourir sans laisser de traces. Le sens des rêves se dérobe souvent à une lecture immédiate, d'où la nécessité de mener une enquête sur la pertinence d'une interprétation des rêves. Les enjeux suivants sont ainsi posés : « est-ce par l'interprétation de nos rêves que nous remonterons à ce qui est refoulé en nous, et qui occasionne des troubles dans nos existences ? », « que disent les rêves ? Que veulent-ils nous dire ? », « pourquoi ne pas écouter nos rêves pour apprendre à nous connaître nous-mêmes ? »

 

La première partie est défendue par Melle Sarah Galant et Melle Élodie Léger. Elle consiste à faire des rêves des manifestations symboliques de l'Inconscient. En effet, les pensées refoulées sont incompatibles avec les exigences de la société et de la morale et ne peuvent donc apparaître que sous des formes déguisées, des symboles, où l'Inconscient se libérera enfin des contraintes de la réalité : dans les rêves. Et les rêves traduisent toutes nos vexations, tous nos traumatismes, tous nos désirs censurés que nous ne parvenons jamais à formuler consciemment. Ces symboles doivent être cependant correctement déchiffrés, un peu comme un rébus, et ceci pour élucider ce que nous sommes véritablement. Ce déchiffrement doit être effectué de façon méthodique et objective, et c'est pour cela qu'une interprétation personnelle, trop centrée sur soi c'est-à-dire partiale, ne peut être satisfaisante ; seule une interprétation fondée sur une théorie précise, la théorie freudienne de la sexualité et de l'Inconscient (basée sur des observations répétées et des cas cliniques), peut être ainsi dite droite. Par exemple, Freud interprétera le rêve de nudité au milieu de la foule souvent enregistré chez ses patients comme traduisant un désir de retourner dans ce paradis perdu qu’était l’enfance où la nudité symbolisait l’innocence. Pour se connaître, il nous faut donc un regard extérieur, le regard de ce spécialiste qu'est le psychanalyste.

 

La deuxième partie développée par Melle Mathilde Mourey et Mr Victor Vazia se veut une remise en cause de la réalité du psychisme, et dès lors de l'Inconscient, qui relèverait d'une pure spéculation non réellement fondée sur des preuves scientifiques : « les rêves ne traduisent-ils pas simplement le fonctionnement naturel du cerveau qui se repose des efforts d'attention fournis durant la veille ? ». Il n'y a rien à découvrir dans les rêves, car les rêves ne font pas sens en eux-mêmes, ils ne peuvent donc apporter d'éclairages sur notre prétendue identité cachée. Notre moi profond n'est en fait qu'une illusion, il est déduit faussement de l'ignorance des mécanismes complexes qui se jouent dans notre corps. Trois objections contre l'hypothèse de l'Inconscient sont dès lors énoncées. Premièrement, l'Inconscient est un concept contradictoire, car seul l'esprit (s'il possédait d'ailleurs une réalité scientifique) est doué de pensée. Or l'esprit étant une thèse métaphysique, il ne reste que le corps et le corps ne peut penser. Deuxièmement, la psychanalyse est une théorie qui ne peut être démentie par l'expérience. Toutes les critiques envers la psychanalyse sont en effet conçues par Freud lui-même comme autant de preuves de l'existence de l'Inconscient, puisqu'elles démontreraient la résistance inconsciente des hommes à l'émergence des contenus refoulés : la psychanalyse a toujours raison ! Or une véritable théorie scientifique doit être falsifiable, c'est-à-dire pouvoir être réfutée par les faits. Troisièmement, la théorie de l'Inconscient constitue souvent un parfait alibi pour celui qui, ayant mal agi, refuse d'endosser la responsabilité de ses actes. En ce sens, invoquer une puissance psychique secrète revient à fuir la condition humaine : l'homme est un être libre et pleinement responsable qui doit revendiquer la maîtrise de ses actes et de ses pensées.

 

La troisième partie est soutenue par Melle Marie Carlet-Loitron et Melle Marie Pageard. Cette partie se veut une réhabilitation de la réalité de l'esprit, et donc de l'Inconscient. Et d'ailleurs, l'idée de responsabilité précédemment évoquée implique que l'homme ne soit pas un simple corps ou un simple cerveau : il faut prêter à l'homme une dimension spirituelle, sans quoi il serait vain de défendre une quelconque dignité humaine, morale et intellectuelle. Cependant la psychanalyse ne saurait avoir le privilège d'apporter des clés pour se connaître. L'accès à notre Moi profond peut s'effectuer par d'autres voies que celle de l'interprétation des rêves : l'ouverture au sacré et à l'art. Le recueillement dans la prière nous offre la possibilité de saisir nos faiblesses mais aussi nos victoires contre le mal. La contemplation des œuvres artistiques, particulièrement les peintures surréalistes ou les poèmes hermétistes, offre au regard une réalité alternative symbolique plus révélatrice de la nature humaine que notre réalité commune, intéressée et consumériste. Ainsi, les voies pour atteindre notre Moi profond sont nombreuses : à travers un vécu plus intime des rêves, à travers la méditation sacrée et reposée, à travers la vision éveillée des ouvrages de l'art. Entamer une interprétation des représentations oniriques, sacrées et artistiques est ainsi une démarche philosophique qui est vitale pour nous connaître.

 

La conclusion est menée en groupe, et s'articule autour de la nécessité ou non de se connaître. Pourquoi vouloir se connaître, après tout ? Pour devenir libre, indépendant et intérieurement serein ! Il n'existera certes jamais de clé des songes infaillible, et d'autres voies de connaissance de soi sont toujours possibles, comme par exemple l'art, mais aussi la parole elle-même, et l'extériorisation de soi parmi les autres. C'est en agissant, en se manifestant, en ne restant pas emmurés pas en soi qu'on peut se connaître soi-même à travers les autres et que les autres peuvent à leur tour aussi se connaître eux-mêmes. L'autre est un miroir à travers lequel je peux me découvrir, comme je suis un miroir pour l'autre qui peut se découvrir lui-même.

 

 

La conférence s'achève sur un court-métrage fantastique qui décrit un « songe éveillé » et plus exactement comment la réalité scolaire de l'élève peut être modifiée par le rêve, et pourquoi il est aussi important de rêver pour mieux se réveiller et se connaître. S'ensuit alors un débat fécond entre le public et les élèves-conférenciers : débat au cours duquel les élèves répondent avec aplomb et surtout volonté de maintenir avec le public une discussion libre et ouverte.

 

 

 

Photos et Article

 

 

 Le calme avant la conférence : une pointe d'anxiété et beaucoup d'excitation !

 

 

 

Les membres de l'atelier philosophie applaudis : (de gauche à droite)

Marie Pageard, Marie Carlet-Loitron, Victor Vazia, Mathilde Mourey, Sarah Galant, Élodie Léger 

 

 

L'article du mardi 2 juin 2015 du Bien Public

« Jusqu'au bout des rêves... »